Menu

Il est temps que je mette à communiquer pour me faire comprendre, confinement ou pas. J’ai étudié la question et plusieurs moyens s’offrent à moi.

Les gestes

Le confinement, c’est quand même un mode de vie qui inspire l’installation d’une routine. Les activités physiques, le bain, les repas, la sortie, tout les jours à la même heure. Du coup, j’essaie de briser un peu cette routine, sinon, c’est l’ennui assuré et avec l’ennui la déprime. Donc, je m’amuse régulièrement à sortir mes chaussettes, à prendre mes chaussures ou celles de papa et maman au choix et à leur amener au moment de la petite balade habituelle après le goûter. Le problème, c’est que des fois, j’ai envie de sortir à d’autres moments et même en tapant sur la porte en hurlant, ça les fait sourire. Du coup, j’ai l’impression qu’ils ont des difficultés à comprendre les nuances. Pourtant, le monde, ce n’est pas tout noir ou tout blanc.

Les cris

Le plus facile et je maitrise pas trop mal, mais j’ai tendance à croire que ça a tendance à mettre papa et maman sur les nerfs. C’est simple, il suffit d’obtempérer à ma volonté. Je maitrise des techniques testées et validées par des générations de bébés et même reprises par certains services gouvernementaux pour obtenir des informations, une bonne sessions de cris entre 1 et 5 heures du mat'. J'ai développé des techniques dont je suis plutôt fière comme la "marine", une session de cris toutes les cinq minutes après avoir feint de m’être calmée et endormie. J'imaginais que j'allais bien les fatiguer bien et le lendemain aucune résistance possible, du coup, je pourrais enfin les plier à ma volonté. Du moins, ça, c'est la théorie. Aucun effet pour le moment, je ne peux toujours pas aller et venir dans l’appart sans un « Non Margot ! », « Margot, arrête » et en plus ils deviennent irritables. Ils sont durs au mal, papa et maman, et je crois que je vais arrêter cette technique. Moi aussi, ça me dirait bien de faire de vraies nuits en fait.

Le langage

Du coup, contrainte et forcée, je m’essaie au langage. C’est le plus efficace, mais ça demande un apprentissage et avec mes journées, j’ai peu de temps pour bosser. Je commence gentiment par des bruits et des syllabes. J’ai commencé par « maman-ma ». « Papa », c’est trop facile, ça m’intéresse pas et puis il est déjà complètement gaga, je ne vais pas en rajouter. Généralement, je comprends papa et maman, ils utilisent des mots clefs comme « atten-atten-atten » et « arrête, arrête-arrête ». Donc, jusque là, ça va, mais parfois ils partent dans des explications... de trucs comme quoi je devrais pas fouiller partout parce que ça peut être dangereux ou que je dois toujours regarder devant moi quand je marche pour éviter les chutes... Comprends rien.

 

Je crois que le plus intéressant dans le langage, c'est que ça permet de déléguer. Par exemple, il y a des bouquins que j’aime bien regarder, mais je préfère qu’on me raconte l’histoire - je ne maitrise pas encore l’alphabet, malgré l’injonction à la performance et à l’auto-apprentissage pendant ce confinement - et donc je sollicite avec mon plus grand sourire et un « tin » bien sonore papa ou maman pour une lecture en mode temps calme. Au bout de la quinzième fois de la journée, ça les faisait moins sourire. Je ne comprends pas et donc, j'ai dû me mettre à répéter certaines syllabes amusantes comme "Meuh" ou "Miaou" pour les motiver. Oui, il ne leur faut pas grand chose. Je ne sais pas combien de temps je vais les tenir avec ça.

Recherche